Un scrutin qui fera date ? pas si sûr...

Publié le par Patrick Fodella

Les (premières) élections départementales ont donc eu lieu hier, dimanche 29 mars. La comparaison avec les scrutins précédents est difficile car les circonscriptions sont différentes et le mode de scrutin est différent.

Quoi qu'il en soit, des grandes lignes se dégagent nettement.

 

Tout d'abord, l'UMP sort largement renforcé de cette séquence. Elle regagne des départements, elle repousse le FN et met un gos coup sur la tête au PS.

Mais cette victoire ne fait que nous ramener en arrière, 20 ans, à une époque ou la droite controlait la plupart des conseil généraux.

Il reste à l'UMP à gérer cette victoire. A n'en pas douter, le candidat UMP sera grand favori des présidentielles de 2017. Et ça, c'est de nature à augmenter les appétits. La victoire de Sarkozy pourrait bien profiter à Fillon, ou plus cetainement Juppé. Les mois qui viennent vont être passionnants.

 

De son côté, le Front National ne remporte pas de victoire locale significative, de celles qui lui permettrait de controler un département et de prouver ses capacités de gestion. Vu sous cet angle, c'est un échec. De même que le nombre de conseiller obtenu: une quarantaire, ce qui est très peu par rapport au espoirs affichés.

Mais les scores du FN sont sa principale victoire. Présent dans quasiment tous les cantons, il obtient fréquemment des résultats à plus de 40% ! Et ça, ça n'inquiète plus grand monde, satisfait que nous sommes de voir qu'il n'y a que très peu d'élus. Ce scrutin marque l'implantation, l'ancrage du FN sur le territoire. Ces candidats vont maintenant pourvoir mener un travail en vue des régionales, ou le mode de scrutin (s'il n'est pas changé) lui sera plus favorable.

Le véritable danger Front National arrivera en décembre !

 

Au PS, c'est la débandade annoncée. La perte n'est pas catastrophique, mais cumulée avec les municipales de l'an passé, ça devient très préoccupant pour les responsables PS. Tout de suite, dès hier soir, les "frondeurs" ont haussé le ton. Aubry a été très critique, renvoyant la responsabilité de l'échec électoral sur la politique menée. Donc, sur Valls et Hollande. Le congrès va être chaud !

Et c'est bien la seule question que nous pouvons nous poser: à quelle date le PS va-t-il exploser ? Si les frondeurs sont efficaces et déterminés, il feront exploser le PS dès le prochain congrès de juin. Ils auront ainsi le temps de préparer une alternative de gauche pour les régionales. Cette solution pourrait intéresser Valls qui pourrait ainsi clairement recentrer son oorganisation politique. Il serait dans ce cas, le mieux placé pour les présidentielles de 2017. Mais Hollande a sans doute intérêt à maintenir un statu quo jusqu'aux présidentielles, en pariant sur la perte d'une ou deux régions seulement (notamment grâce au redécoupage), et une dynamique économique retrouvée. Cela l'amènerait dans de bonnes conditions à 2017, étant le seul à pouvoir battre Sarkozy...

 

Reste la gauche. C'est pour moi la principale information de ce scrutin: la quasi disparition de la gauche électorale. Il ne reste qu'un département à gauche !!!

Cette situation confirme la lente (sans doute trop lente) érosion du PC. Il est manifeste que l'électorat populaire a migré du PC vers le FN, et le PC ne sait comment enrayer cette chute. D'où des situations paradoxales dans les différents cantons, avec des candidatures PC étiquettées Front de Gauche, d'autres avec le PS, d'autres avec les écologistes... Ce manque de clarté politique prouve le désarroi dans lequel évolue cette organisation aujourd'hui.

Mais son existence empêche toute recomposition sérieuse à gauche. Les relations au sein de Front de Gauche s'enveniment. Son échec est d'ailleurs patent. Mais au côté du PC, le PG n'a pas pu se faire une place. Quant aux autres petits mouvements du FdG, ils sont hélas encore inaudibles.

Alors, que faire ? Attendre la disparition du PC, la perte de ses militants en collectionant les claques électorales et des mobilisations cotoyennes bien trop faibles pour peser ?

Qui à gauche sera le déclencheur d'une véritable et solide recomposition ?

 

Si ces élections départementales sont intéressantes, c'est parce qu'elle nous donnent une image de la France politique de ce début de 2015.

Les conséquences des ces élections sont en effet assez faibles. D'abord, la part de décision politique dans la vie d'un Conseil Départemental est très limitée. Presque tout est contraint par la loi.

Ensuite, l'échelon départemental est appelé à disparaître dans notre organisation adminsitrative. Tout le monde le sait, les grands partis (PS et UMP) en sont d'accord.

Alors le résultat de ces élections...

Publié dans Politique

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Nathalie 30/03/2015 10:30

Patrick,
Merci pour ton analyse que je partage largement ; notamment sur la "non-victoire" du FN, très en-deçà de ce qui était annoncé. Je me demande si ce n'est pas une tactique médiatique