Les français ont peur...

Publié le par Patrick Fodella

Les français ont peur...

... et ils traduisent leur peur avec les bulletins de vote !

L'analyse n'est pas originale, elle a été évoquée de nombreuses fois déjà. Mais d'où viennent ces peurs ?

Bien sûr, la première raison est très liée aux attentats de 2015. Le résultat des départementales du début 2015 avaient déjà montré un FN très haut. Mais nous étions dans l'après-Charlie, et l'esprit de janvier planait encore sur la France. Et puis il y a eu le 13 novembre. Et là, le choc est énorme, le traumatisme profond. L'amplification de l'effet peur joue à plein, moins d'un mois avant ce 1er tour. Très clairement, les français n'ont pas eu confiance dans leur gouvernement, c'est un effet de panique, compréhensible. Même si Hollande n'a pas hésité à appliquer les recettes du FN. Il a ainsi montré que c'était possible de mettre en oeuvre le programme du FN...

Alors malgré les fanfaronnades "même pas peur !", les "#tousàlaterrasse", les français sont morts de trouille. Sinon il suffisait de voter pour les candidats des partis républicains pour montrer que vraiment, "on a pas peur". Et c'est là la plus grande victoire du terrorisme.

Mais les peurs ne sont pas seulement liées aux récents attentats. Cela remonte à plus de 30 ans. C'est à partir de ce moment que nos institutions ont commencé à évoluer. D'abord avec l'Europe qui petit à petit devient le niveau décisionnaire prépondérant.

Ensuite avec la mise en place des regroupements de communes pour créer des intercommunalités, communautés d'agglo, de communes ou métropoles.

Puis on change, ou plutôt on essaie de changer les départements dans leurs missions et on change les régions dans leurs noms et leurs contours...

Tout cela pourrait paraître anecdotique, mais autour de ces institutions, ce sont les solidarités qui évoluent. Et d'abord la solidarité nationale, qui nous permet des assurances sociales, chômage, la santé, l'éducation, etc. Puis la commune, qui permet les solidarités de proximités avec un maire qui résout nos problèmes quotidiens. Sans compter les solidarités de voisinage.

Aujourd'hui, tout cela disparaît, sans que rien ne soit proposé à la place.

Les quartiers ou les cités ne peuvent remplacer le village. Le Président d'une métropole ne peut s'occuper des problèmes matériels de chaque citoyens. Quant à l'Europe ses logiques ne sont pas du tout les nôtres, la Grèce nous l'a bien montré cet été...

Alors quand tous les repaires disparaissent, quand aucune solution ne pointe, quand on se sent seul, tous les fantasmes sont permis, surtout celui de l'agression, de l'abandon et donc de la peur.

Alors on vote pour ceux qui disent qu'ils vont changer tout ça, sans lire les programmes, sans regarder ce qui est déjà fait dans les mairies FN...

Et comme on sait que le FN ne fera rien d'autre que de cristalliser les haines et de dresser les citoyens l'un contre l'autre.

Et alors, c'est moi qui ait peur maintenant, peur de ce qui va se passer, des violences qui vont naître entre les différentes communautés, entre les religions, entre les quartiers.

Des temps difficiles s'annoncent !

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article