Les chiffres du chômage: on s'en fout !

Publié le par Patrick Fodella

Les données mensuelles du "nombre de chômeurs" en France sont sorties il y a deux jours.

Nous avons eu droit aux habituels commentaires sur la fiabilité de ces chiffres, sur l'inversion de la courbe, sur la continuation de la courbe, sur l'utilité de ces données...

Aujourd'hui, plus personne n'en parle. Tout juste avons-nous (peut-être) retenu qu'il y avait 66 000 chômeurs de moins que le mois précédent.

Mais à quoi nous servent ces informations ? Que signifient-elles ?

Ces données sont un indicateur de la situation de notre économie. L'économie de la France. Mais données de cette manière, tous les mois, elles tendent à nous amener à penser qu'il n'y a que deux possibilités pour les francais-e-s: nous sommes salarié-e-s, ou chômeurs-chômeuses ! Il n'existe pas d'autres situations.

Or, même à l'intérieur de ces deux possibilités, les statistiques ne nous renseignent pas sur l'état de ces individus. Cette séparation nous dit que les français sont dans la bonne catégorie (salarié-e-s) ou dans la mauvaise (privé-e-s d'emploi). Mais quid des salarié-e-s pauvres, ceux qui dorment dans leur voiture ? Quid des temps partiels non-choisis, obligés de courir d'un emploi à l'autre, ou de rester à la disposition d'un employeur au jour le jour ?

Elles ne nous renseignent pas non plus sur le travail au noir (toujours aussi important), sur le travail gratuit (de plus en plus présent), sur ceux qui ne sont ni au chômage, ni salarié-e-s.

Enfin, elles ne nous permettent pas d'envisager d'autres possibilités que la travail salarié, comme un revenu inconditionnel par exemple. Ce que sous-tendent ces statistiques, c'est que les français n'existent que dans 2 catégories: ceux qui travaillent (c'est à dire qui sont salarié-e-s) et ceux qui chôment (c'est à dire qui n'ont pas de salaire).

 

Alors finissons-en avec ces données du chômage.

Et s'il faut donner des statistiques, voici ce que j'aimerais avoir:

  • Le nombre de personnes vivant en France et en âge d'être salarié-e-s (+ 16 ans).
  • Le nombre de lycéen-ne-s, le nombre d'étudiant-e-s (de +16ans).
  • Le nombre de salarié-e-s en CDI temps plein.
  • Le nombre de CDI temps partiel (sans compter plusieurs fois la même personne).
  • Le nombre de CDD.
  • Le nombre de retraité-e-s.
  • Le nombre de personnes en contrat aidé (tout type d'emploi aidé).
  • Les titulaires du RSA.
  • Le nombre de personnes indemnisées chômage.
  • Les personnes indemnisées "invalidité".
  • L'estimation (comment faire autrement ?) du nombre de travailleu-r-se-s "au noir".

Certes, ça fait beaucoup de catégories ! Et peut-être en oubliais-je encore...

Mais ces données nous permettrait de mieux voir l'état de l'activité des personnes vivant en France. Bien sûr, le quantitatif est nécessaire, mais pas suffisant. Il est peut-être utile de connaître le nombre de titulaire d'une pension retraite, mais si nous n'en connaissons pas le montant, il est difficile d'avoir une image de la situation. Mais le qualitatif devra arriver dans un second temps.

Alors, si quelqu'un sait comment récolter ces données, merci de m'aider...

En voilà des courbes !!!

 

Publié dans Politique, Actualités

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