Alors comme çà, il est mort !

Publié le par fofo

Et dans son lit, tranquillement, après une longue (très longue) vie...Pinochet nous a quitté... enfin penseront un certain nombre, trop tôt pour les autres.Enfin, car même s'il est toujours indélicat de se réjouir de la mort d'un être humain (mais en était-il un ?), on ne peut pas dire que sa disparition m'attriste réellement. Le nom de Pinochet restera à tout jamais synonyme d'horreur, de torture, de meurtre.Trop tôt, car il est mort avant d'avoir été jugé. Mort sans avoir eu à rendre des comptes...Mais au-delà de l'analyse politique de sa disparition et des circonstances de sa mort (c'est à dire, dans son lit - de sa belle mort comme dirait ma mère), Pinochet c'est tout un tas de souvenirs qui remontent.Je me souviens d'une prof d'espagnol, au lycée de Suresnes (lycée Paul Langevin). Je ne me souviens plus exactement de l'année. 1970 ? 1971 ? Cà date un peu quand même. Au détour d'un cours, je ne sais plus pourquoi, elle nous avait parlé de l'Amérique du Sud, et plus particulièrement du Chili. Pour nous, le Hili, c'était loin, exotique... Elle nous avait rappelé que dans ce pays, un président de gauche avait été élu président, et que dans l'environnement géopolitique de cette époque, c'était une prouesse formidable. Mais elle avait conclu, prémonitoirement en nous disant: "il reste à savoir combien de temps cela va durer, et si les Etats-Unis accepterons cet état de fait ?".Le 11 septembre (déjà !) 1973 lui a, hélas, donné raison...Je me souviens de tous ces chiliens que nous croisions. C'était plus tard, au milieu des années 70. Tout le monde connaissait son chilien. Certains en hébergeaient même. Ils nous racontaient peu ce qu'ils avaient vu et pourquoi ils étaient là. Mais il y avait une sorte d'effet de mode. Dans toute bonne réunion, il y avait un chilien.Et puis je me souviens des Quilapayuns... "Venceremos, venceremos". Cette chanson de lutte, nous la passions sans cesse sur nos platines disque (vynil) ou sur les magnétoscopes.D'ailleurs, dans les manifs de soutien (puis même les autres, plus tard) un des slogans les plus populaires était: "El pueblo, unido, jamas sara vincido...".Oui, beaucoup de souvenirs. C'était l'époque où, jeunes, nous découvrions la répressions, et les dictatures. Je crois qu'aucun de nous n'a oublié...Alors Pinochet mort... ! La lutte continue et plus que jamais: "El pueblo unido, jamas sara vincido... El pueblo unido, jamas sara vincido... El pueblo unido, jamas sara vincido..." "Venceremos !"
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